
Jocelyne Ollivier Henry
Jocelyne Ollivier Henry est une femme hors du commun. Elle est la première occidentale à avoir vécu plusieurs mois en totale immersion dans un village Inuit au Groenland.
Ancienne professeur d'éducation physique et sportive, elle s'est découvert une passion pour le Grand Nord lors d'un stage en Finlande. Elle part ensuite pour le Canada étudier l'ethnologie et découvre le Groenland lors d'un premier voyage pendant les années 70. C'est le coup de foudre. Elle fait connaissance avec les 60 habitants du village de Siorapaluk, situé au Nord-Ouest du district de Thulé, par 78° de latitude. Il s'agit du village le plus septentrional avant le Pôle Nord, qui compte principalement des pêcheurs et des chasseurs.L'aventurière y effectue plusieurs séjours, dont un d'une année au cours duquel elle s'aménage une cahute et apprend à vivre au ralenti durant la longue nuit arctique, d'octobre à février. Il lui faut sept ans pour maîtriser le dialecte de la côte Nord-Ouest, indispensable pour s'intégrer à part entière. Comme les Inuk (hommes), Jocelyne Ollivier Henry apprend à mener des attelages de chiens et à chasser au collet des lièvres arctiques pour subvenir à ses besoins. Mais en tant que femme, elle doit aussi se comporter comme une « arnaq » (femme en Inuit) du Groenland.
Réussir à s’intégrer
Une femme Inuit doit savoir préparer le Kiviak, un aliment pour les périodes difficiles composé de mergules nains (petits oiseaux) mis entiers dans une peau de phoque pour être piétinés, exposés au soleil et faisandés. Une femme doit aussi se servir des peaux de phoques pour fabriquer des bottes.
En tant qu'ethnologue, Jocelyne Ollivier Henry étudie la physiologie des femmes sous cette latitude, examine les carences dues à la nutrition particulière des habitants mangeant peu de légumes et de laitages. Les aliments en conserves sont en effet vite épuisés, le village n'étant réapprovisionné qu'une fois par an. Mis à part le côté pratique de la vie quotidienne à Siorapaluk, l'aventurière parvient à se fondre totalement dans la population. Durant la nuit arctique, les liens se resserrent entre les habitants. On partage le thé, on se rend visite, la convivialité est très importante. C'est pour toutes ces raisons, pour la vie extraordinaire qu'elle a vécue là-bas, que Jocelyne Ollivier Henry a préparé une nouvelle expédition pour l'hiver 2004. Elle est donc repartie avec pour principal objectif d'étudier les méthodes ancestrales de pêche et de chasse, explorer de nouveaux territoires, réaliser un documentaire sur les chasseurs de Siorapaluk et étudier le réchauffement climatique à cette latitude. Un projet à la hauteur de cette femme à la passion communicative.
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